Chapitre 3 – Ma soirée réseautage avec Échappe-toi

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Lundi dernier j’étais invitée à la soirée de lancement de la nouvelle aventure immersive d’Échappe-toi « Le Trésor Maudit d’Hochelaga : le commencement ». Je ne connaissais pas ce nouveau concept de divertissement et c’était donc l’occasion de me renseigner sur place.

À mon arrivée, je rejoins un petit cocktail où je fais connaissance avec María Gabriela et Pablo, les fondateurs de NM Noticias, un réseau de publications hispanophone unique au Canada que je suis déjà sur plusieurs plateformes sociales.

Nous assistons ensuite à un petit discours de bienvenue du Responsable marketing qui présente la dernière expérience immersive d’Échappe-toi et nous invite à rencontrer l’équipe créatrice (et créative)… Ce que je fais, ravie de poser mes questions.

J’apprends que le concept de divertissement d’Échappe-Toi est différent du jeu de rôle. Il consiste en effet à faire interagir des équipes de 2 à 6 personnes dans une pièce à thème pour résoudre différentes sortes d’énigmes, l’objectif étant de réussir à s’échapper ou de retrouver un meurtrier tout en gardant son sang-froid ! La sensation d’immersion dans l’aventure est totale : un maître du jeu et des acteurs rendent l’expérience encore plus réaliste et les thématiques imaginées sont toujours en lien avec l’histoire montréalaise. L’expérience est idéale pour le team-building puisque les membres de chaque équipe doivent faire preuve de créativité, d’esprit d’équipe et d’entraide afin de surmonter des épreuves ensemble.

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Échappe-toi vient juste d’être exporté à Bordeaux en France et il fonctionne déjà très bien là-bas puisqu’une amie bordelaise vient de me faire part de son enthousiasme après avoir participé à l’une des activités ; les thématiques utilisées sont bien sûr adaptées et tirées de l’histoire locale !

L’évènement est une réussite. J’adore le concept, l’esprit jeune et créatif et l’ambiance « start-up » qui se dégagent : je vais vivre l’expérience très bientôt c’est sûr !

 

Chapitre 2 – Réseautage : j’adore les 5@7, 7@9, 8@9, les 9@12…

Au Québec, les pratiques nord-américaines régissent très largement les comportements des individus. En tant qu’Européens, nous comprenons certes la notion de réseautage, mais nous avons du mal à nous défaire de nos réflexes et de nos pratiques professionnelles pour intégrer et nous approprier cette nouvelle façon d’être. Parce que c’est bien de « savoir-être » qu’il s’agit, ces automatismes culturels innés qui ne s’apprennent pas à l’école et permettent d’évoluer naturellement en société.

Quelle que soit la façon dont il se pratique, le réseautage, est LA clé indispensable pour trouver un emploi et construire sa carrière professionnelle sur du long terme.

Le 5 à 7, c’est quoi ?

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Il ne s’agit pas du rendez-vous amoureux extra-conjugal auquel on peut penser en premier lieu quand on vient de France ;-)… Aurait-on l’esprit mal tourné ? Parce qu’en effet : à Montréal, rien à voir !!!

Le 5@7 est l’équivalent francophone de l’« After Work » qui se tient généralement entre 17h00 (5:00 pm) et 19h00 (7:00 pm). Il marque la fin de la journée de travail et est l’occasion de se retrouver dans les cafés ou les bistros pour décompresser avant de rentrer chez soi.  Mais c’est surtout l’occasion de réseauter entre collègues, partenaires d’affaires ou tout simplement entre amis autour d’un verre tout en dégustant des « bouchées » ou petits fours.

Chacun peut avoir un objectif différent en tête : recherche d’un emploi, d’un partenariat ou d’un service personnel… ou bien recherche d’autre chose finalement (l’âme sœur ? ;-)…

Je débute dans mes activités de réseautage et j’en explore différentes formes, sans suivre de méthode particulière, au hasard des opportunités se présentant à moi !

1 – Le 5@7 cocktail d’entreprise

Je suis invitée à un cocktail que j’ai contribué à organiser pendant un mois pour une société spécialisée en conseil d’investissement qui y convie ses partenaires d’affaires.

Ambiance cosy à l’intérieur des luxueux bureaux vitrés, épurés et décorés de bouquets de fleurs pour l’occasion ; lumière tamisée, petits fours et vin rouge ou blanc à volonté sur fond de musique jazzy interprétée en direct par un petit orchestre…

Mais voilà, les invités sont tous banquiers, investisseurs d’affaires, experts-comptables, avocats… Et ce sont principalement des hommes en costume et à l’air sérieux qui semblent tous se connaître et discutent entre eux sans me prêter la moindre attention… Ça va être difficile… My God, mais qu’est-ce que je fais là ?

Au cours de cette soirée, je vais finalement rencontrer trois personnes, et vais même aborder le sujet de ma recherche d’emploi et me faire connaître auprès de l’une d’elles : il s’agit de l’Adjointe d’un Avocat qui a vécu une partie de sa vie en Provence et évoque ses souvenirs avec nostalgie… soleil brûlant, chant des cigales, mer méditerranée et mistral… Aix-en-Provence, Cannes, Cassis, Monaco… Voilà : il suffit de trouver le petit point commun qui fait toute la différence 😉

Les bouchées étaient succulentes...
Les bouchées étaient vraiment succulentes…

2 – Le 7@9 organisé par l’association Montréal Accueil, dont la mission est de faciliter l’intégration des francophones européens à Montréal

Tient, cette fois l’horaire change ! Et ce premier 7@9 « Spécial nouveaux arrivants » a pour thème les différences interculturelles France-Québec.

Desjardins

L’objectif est d’apporter conseils et repères pour aider les Français à mieux appréhender leur nouveau milieu (cf. également la conférence sur les « malentendus interculturels au travail » de Pierre-Olivier Saire, conférencier et professeur à HEC Montréal : excellentissime !!) L’interculturalité est un excellent choix thématique pour une première rencontre de réseautage.

J’arrive un quart d’heure à l’avance (c’est ce que la Conseillère de l’OFII m’a recommandé de faire !) Je ne connais (toujours) personne et me sens seule, perdue au milieu d’une foule inconnue qui grossit à vue d’œil : en vingt minutes, les locaux du Carrefour Desjardins, rue Peel, se sont soudainement remplis d’invités et on peut à peine y circuler. Il fait chaud…

Première heure : nous sommes sensés nous mélanger ! Puisque nous sommes tous Français ou européens francophones, la tâche ne devrait pas être trop ardue. Je me mélange donc en tentant de me frayer difficilement un chemin au milieu de la masse francophone dont la densité m’effraie. Je fais finalement connaissance avec trois personnes (le réseautage avec moi fonctionne par 3) : une professeure en reconversion professionnelle (fini l’enseignement !), une Chef de Projet d’origine portugaise qui a vécu à Barcelone et en Belgique (quelle joie de pratiquer un peu la langue espagnole !) et un jeune avocat touriste en repérage professionnel et en visite chez sa blonde.

Nous échangeons brièvement deux ou trois mots sur les postes que nous recherchons respectivement, puis nous poursuivons sur des sujets divers et variés : les voyages, l’interculturel, la bonne bouffe à Montréal… C’est plate de ne parler que boulot, le contexte et les interlocuteurs ne s’y prêtent pas.

Surtout que la seconde partie de la soirée « interculturelle » est consacrée aux témoignages de deux Québécois ayant vécu l’expatriation en Europe (UK et France notamment).

L’intérêt réside bien sûr dans le parallèle à faire avec nos expériences inversées « d’exilés » français à Montréal. Les ressentis exprimés lors des exposés des deux professionnels Québécois sont globalement similaires aux miens : en changeant de pays et en y vivant « en immersion totale », nous modifions nos comportements, nos façons d’être et nos mentalités et devenons des êtres « hybrides », jamais plus uniquement « Français » ni « Québécois ». Ensuite il nous manque toujours quelque chose, quel que soit le pays où nous nous trouvons, mais nous nous enrichissons de nouveaux points de vues… Nous choisissons et conservons ensuite ce qui nous convient le mieux en piochant dans un éventail plus large  de possibilités!

Je suis enchantée de ma soirée mais… je n’ai pas eu l’occasion de me vendre ! Je me pose des questions. Comment repérer les « bonnes » personnes, celles réunissant les caractéristiques suivantes : déjà en poste, attentives, disponibles, influentes, qui se sont trouvées dans ma situation (l’empathie a ses limites), qui connaissent mon domaine d’activité et vont poliment m’écouter déballer mon CV et mes projets professionnels ?

Peut-être que dans les cocktails de ce genre les gens ont surtout envie de s’amuser, de parler vacances, cuisine et du prochain tournoi de tennis ou de hockey… Alors si j’insiste (avec en tête « mon objectif de la soirée, c’est de me trouver une job avant 21h00 !! »), ils risquent de se souvenir de moi comme d’une sacrée rabat-joie. La prochaine fois que l’on se retrouvera au 5@7, 7@9 ou 8@10, ils se diront « Ah non !! Pitié, pas elle ! Elle va encore me pourrir ma soirée avec ses questions saugrenues sur les techniques de recherche et les formes de réseautages pour trouver un poste en communication ! ». Et là j’aurais été remarquée, mais pas dans le bon sens 😉

3 – L’évènement RH par excellence : TruMontreal du 8 octobre 2013

J’ai la chance d’être invitée en qualité de bénévole à la journée thématique sur le recrutement innovant « TruMontreal » par les deux organisatrices de l’événement, Sandrine Théard et Cybèle Rioux.

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Afin d’être plus explicite sur le concept, je vais reprendre la définition du site TruMontreal :

« Basé sur l’idée des ‘Barcamp’ et du co-développement, TruMontreal se veut être une ‘non conférence’. Trois grands principes : pas de conférencier, pas de présentation Powerpoint, pas de badge… L’opposé d’une conférence traditionnelle : liberté, plaisir et échange de connaissances, un vrai cerveau collectif ! TruMontreal permet aux professionnels du recrutement, de la dotation et de la marque employeur de se réunir et d’échanger sur leurs bonnes pratiques ».

Cette expérience est très enrichissante pour moi en tant que « candidate » fraichement débarquée : elle me permet de voir l’envers du décor et de découvrir les techniques de recrutement, les problématiques et les points de vues des recruteurs québécois… ou français au Québec.

Cette année à la session de TruMontreal sont présents 120 participants et 20 animateurs pour débattre sur 15 sujets de discussions différents !

Je participe donc à l’accueil des non-participants le matin dans l’un des non-édifices de l’ESG-UQAM rue Sherbrooke Ouest, où un copieux petit-déjeuner les attend.

Petit discours introductif de Sandrine Théard, et les premières non-conférences commencent.

Celle à laquelle j’assiste a pour thème « Candidats et recruteurs, pourquoi nos besoins ne s’enlignent-ils pas ? »  (Sylvie Michon et Sylvie Leclerc)

Ce que j’en retiens :

Passionnant d’entendre les recruteurs s’exprimer sur une réalité qui me concerne aussi de près en tant que candidate !

Les attentes des clients en amont sont-elles réalistes ? Le candidat idéal (mouton à 5 ou 7 pattes, au choix) existe-t-il ? Le client sait-il réellement ce qu’il recherche et, dans l’affirmative, a-t-il exprimé clairement ses besoins ? Les descriptifs de postes sont-ils suffisamment détaillés et explicites ?

Toutes autant de questions que je me pose également, car si nous pouvions un jour trouver le juste point de rencontre entre l’offre et la demande aussi bien dans les domaines de l’emploi que de l’économie, nous vivrions tous heureux dans le monde merveilleux des Bisounours 😉

Autre sujet d’intérêt : « Comment l’expérience client des recruteurs peut-elle influencer l’expérience des candidats ? »  (Vanessa Bavière et Grégory Cecchin-Léger)

Dans un environnement ouvert où chacun peut s’exprimer et où les réputations se renforcent ou se délitent, l’expérience candidat est devenue un point clé de l’attention des entreprises en matière de recrutement. Depuis le premier contact téléphonique jusqu’à la fin du processus de recrutement ou jusqu’au rejet de la candidature, le professionnalisme du recruteur et l’image véhiculée par l’entreprise cliente sont en jeu.

Ce que j’en retiens :

Les entreprises deviennent donc de plus en plus attentives à l’expérience que vivent les candidats lors du processus de recrutement en raison de son double impact sur l’attractivité de l’entreprise en tant qu’employeur. La qualité des relations et des interactions durant le recrutement influence la décision finale du candidat (éventuel futur collaborateur).

Cette attention du recruteur porte notamment sur :

  • Le respect et la prise en compte personnalisée du candidat,
  • La qualité des informations transmises sur le poste, l’entreprise et le processus de recrutement,
  • La présence et la qualité des feedbacks quel que soit la conclusion de la sélection (exposer les motifs de refus est très apprécié).

 Enfin, j’ai découvert le concept (plutôt technique) de Big data RH… (Mathieu Laferrière et Jean-Baptiste Audrerie)

Dans un premier temps, question : Big data, ça veut dire quoi?

Difficile de définir en quelques mots ce qui se cache derrière la notion de Big Data. Il n’existe pas de définition exacte, mais si j’ai bien compris, il s’agit d’un ensemble de paramètres ayant amené les entreprises à pouvoir mener des analyses plus poussées de leur business. Trois dynamiques
sont prises en compte : le volume, la disparité et la vélocité des données. Le phénomène Big data réunit des espaces de stockage, des appareils informatiques capables d’enregistrer et de traiter des volumes de données importants que complète la capacité d’analyse des machines et des hommes.

Big Data

Ce que j’en retiens :

Que peut faire le Big data RH dans le recrutement ?

L’analyse prédictive s’introduit progressivement dans les départements de ressources humaines et bouscule la place des RH dans l’entreprise. Avec l’avènement du SIRH[1], les données sont devenues facilement accessibles et les ressources humaines apprennent à les utiliser à bon escient, que ce soit pour améliorer une campagne de recrutement, retenir les talents ou encore anticiper les besoins en formation.

Le Big Data RH peut devenir un bon outil d’aide à la décision permettant par exemple de définir des orientations stratégiques et de gérer les risques humains dans une entreprise.

N’étant pas une experte, je recommande pour aller plus loin l’article de Mathieu Laferrière qui illustre parfaitement l’essentiel des échanges menés au cours de l’atelier.

Pour ma part, j’ai découvert de nouveaux sujets de réflexion qu’il me plait d’approfondir, l’art québécois de débattre respectueusement et me suis fait un ou deux contacts… au moment du cocktail final ! Une expérience qui donne envie de travailler dans le monde passionnant des ressources humaines !

Prochaine session internationale : TruParis le 16 octobre !

3 –  Les salons de l’emploi

Septembre-Octobre : c’est la période des salons pour l’emploi à Montréal, il y en a presque toutes les semaines ! Une bonne occasion de se préparer pour le « vrai » réseautage car en vérité… Je trouve qu’il ne s’y passe pas grand-chose… excepté sur le stand de l’Université de Montréal, dès ouverture des portes à 10h00 du matin !!

Je viens d’arriver et il s’agit de mon tout premier contact sur le salon ! La Conseillère en Acquisition de Talents examine mon CV, me pose des questions sur mon expérience en gestion de projet dans le domaine informatique. Mon profil pourrait peut-être être intéressant et on pourrait peut-être me contacter la semaine suivante pour prendre rendez-vous car justement…. un poste de Gestionnaire de projet marketing non publié encore en interne serait en cours de création !! Trop beau pour être vrai. J’attends de voir.

Je continue mon périple. Quelques entreprises affichent leurs besoins en personnel sur des panneaux : ça c’est une bonne idée ! Je discute avec un ou deux responsables RH, laisse sans trop y croire mon CV ciblé « communication » (le seul que j’ai sur moi) pour me positionner sur des postes d’Adjointe de Direction en  alléguant que j’ai également de l’expérience dans ce domaine.

Le salon est vite envahi par la foule, des queues interminables de chercheurs d’emploi se forment devant chaque stand. Je n’ai aucune envie d’attendre juste pour déposer un CV… ou juste pour le plaisir d’attendre d’ailleurs ! En effet, je suis surprise de constater que certains exposants ne jouent pas le jeu, écourtent immédiatement mes questions et m’invitent à visiter le site web de la compagnie. Oui mais alors, pourquoi participer à un salon dont l’objectif est la rencontre entre recruteurs et chercheurs d’emplois ? Je pars donc faire un tour dans la salle de conférences.

Excellente surprise ! Les conférenciers sont bons, les conseils sur les techniques de recherche très utiles, et pourtant Dieu sait si j’ai déjà étudié la question ! Laurence Nadeau est venue promouvoir son livre « S’installer et travailler au Québec », un classique que tout immigrant français a forcément appris par cœur avant son arrivée. On discute par micro interposé. Elle est sympa. Elle comprend que quand on est nouvel arrivant, on « marche sur des œufs » en permanence au Québec pour éviter les éventuels conflits ou malentendus culturels.

Je retiens tout particulièrement l’intervention de Camille Rohner, Présidente et Gestionnaire de communauté. Sa conférence sur « Les médias sociaux et la recherche d’emploi » est pour moi une révélation.

Camille Rohner apporte quelques astuces et conseils de base pour optimiser l’utilisation des réseaux sociaux et professionnels (Linkedin, Twitter et Facebook), des blogues (WordPress, Overblog et Tumblr) et des CV en ligne (Vizualize.me, Doyoubuzz.com, vizify.com) dans le cadre de sa recherche d’emploi. C’est justement « le » sujet qui m’intéresse présentement ! Et c’est la deuxième fois que j’entends parler du fameux métier de Gestionnaire  de Communautés. Créer et gérer le contenu de la communication sur les médias sociaux pour le compte d’une entreprise, cela me tente vraiment !

À suivre…


[1] Système d’Information de Ressources Humaines : interface entre la gestion des ressources humaines (GRH) et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Cette interface combine le domaine de la gestion des ressources humaines, et notamment ses activités basiques et administratives, avec les moyens mis à disposition par les Technologies de l’Information et de la Communication.

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MÉMO DU NOUVEL ARRIVANT

 Comment ?

La question que tout nouvel arrivant se pose : mais où donc trouver un 5@7 pour réseauter quand on débarque à Montréal et que l’on n’y connaît personne ?

Au fil de mes recherches, j’ai pu identifier quelques pistes :

– Sites de RSP (réseaux sociaux et professionnels) :

  • EventBrite
  • Meetup
  • Linkedin
  • Facebook

– Associations :

  • Les associations pour les Français à Montréal : Montréal Accueil, L’Union des Français de l’Étranger (UFE),  L’Union Française de Montréal, Objectif Québec…
  • Les associations professionnelles (listes disponibles dans les centres locaux d’emplois, au MICC ou à l’ANAEM)
  • Les clubs d’affaires

 – Organismes :

– De façon informelle, le réseautage est partout ! 

  • Les salons de l’emploi (un bon entrainement au réseautage !)
  • Les bars du centre ville, près du quartier des affaires (en particulier le jeudi soir).
  • Au sport, dans un club, chez le coiffeur, à la garderie des enfants, chez le dentiste, etc.

Chapitre 1 – La recherche d’emploi

Entête 1

Je suis arrivée le 17 mai 2013 après-midi à l’aéroport Elliott Trudeau de Montréal pour y finaliser mon processus d’immigration, avec plusieurs objectifs en tête, dont deux principaux :

  • Trouver dès que possible une colocation correcte dans le quartier du Plateau Mont-Royal (voir l’émission de Télé-Québec « Les Bobos » pour faire connaissance au second degré avec le quartier et ses habitants !)
  • Trouver une job, de préférence dans mon domaine de compétence… avant fin octobre 2013.

Une fois installée dans un 5 ½ partagé à trois et situé à deux pas du métro Laurier, je m’attaque donc concrètement à la recherche d’emploi début juillet.

Les bobos du Plateau Mont-Royal… http://lesbobos.telequebec.tv
Les bobos du Plateau Mont-Royal… http://lesbobos.telequebec.tv

J’ai déjà réfléchi à un positionnement clair et précis : il ne s’agit pas de remettre en question mes objectifs de carrière à l’arrivée !

Je vais chercher en communication & marketing, et je décide de me positionner dans un premier temps sur des postes de Rédactrice technique ou de Coordonnatrice en communication. C’est le choix que j’avais fait suite aux différents échanges avec des professionnels RH québécois lors de la préparation de mon projet depuis la France.

Je sais que 70 à 80 % du marché de l’emploi est caché et que la clef de la réussite au Québec pour dénicher un poste passe presque obligatoirement par LE RÉSEAUTAGE !! Alors réseautons…

C’est avec plaisir que je retrouve quelques-uns des contacts rencontrés en septembre 2012 lors de mon séjour « exploratoire » à Montréal. Mais je me rends compte rapidement que, de même qu’en France, cette période de l’année n’est pas propice au recrutement : c’est l’été, les gens partent en vacances et le marché de l’emploi est plutôt… tranquille, voire… complètement mort.

Pas de nouvelles suite à la soixantaine de CV envoyés en réponse aux annonces publiées sur des sites spécialisés tels que « Isarta », le « Grenier aux Emplois » ou encore le plus général « Jobboom ». 

Vers la mi-juillet, je réponds sans trop y croire à une annonce pour un poste en Marketing trouvée par hasard sur… Facebook !… et publiée dans le groupe très éclectique des « Expatriés Français à Montréal » auquel je m’étais abonnée dès mon arrivée. Il s’agit d’un poste de « Poker Campaign Coordinator » dans une agence de publicité anglophone chargée notamment de promouvoir… des jeux de poker en ligne ! Les bureaux sont situés dans la réserve indienne de Kahnawake à environ 30 km au sud-est de Montréal, de l’autre côté du fleuve.

J’envoie mon CV, le Directeur de la Publicité me contacte pour me confirmer son intérêt, puis les Ressources Humaines me fixent un rendez-vous pour un entretien en anglais la semaine suivante.

Ce jour-là, je dois planifier mon trajet car se rendre à l’entretien est une véritable expédition ! Il faut prendre le métro jusqu’au bout de la ligne verte à Angrignon, puis la mini-navette que j’ai de la misère à trouver en sortant du métro (Panique totale !! Le terminal est immense… D’où part le bus pour Kahnawake ?? Oups, ici tout le monde parle en anglais…)

Trajet = 25 km aller
Trajet = 30 km aller

Je suis accueillie par le Team Leader (aux traits asiatiques et originaire de Colombie-Britannique) et par mon contact initial, le Directeur Publicité français.

Il y a bien longtemps que je n’ai pas pratiqué l’anglais (une dizaine d’années, ou davantage peut-être ?) et je cherche mes mots car je tiens à exprimer mes idées avec précision.

Première question et non des moindres : « Est-ce que vous savez jouer au poker ? » – Euh… non, mais ça m’intéresse vraiment beaucoup et j’apprends vite !! Je ne me rends compte qu’après l’entrevue que j’ai confondu « gamer » et « gambler ». J’ai donc affirmé avec force, conviction et à mon insu que je serais disposée à être une très grande testeuse… de jeux vidéo.

On me pose ensuite les questions habituelles sur mon parcours, ma motivation, mes défauts et mes qualités, pour quelles raisons je devrais être « la » personne choisie pour le poste, mes objectifs en termes d’évolution de carrière dans les cinq prochaines années… et là, je réponds en désignant le Team Leader assis en face de moi que je pourrais très bien me retrouver à occuper sa place ! Plus tard on me dira que j’avais commis là une grave erreur. Pourtant, sur le moment, la réponse ne me semble pas choquante, et mes interlocuteurs se contentent d’ailleurs de sourire sans paraitre le moins du monde perturbés.

Une demi-heure plus tard, je suis libérée et un taxi m’attend pour me raccompagner jusqu’au terminal de bus d’Angrignon. Mes impressions suite à cet entretien pour le moins original ? Un frein important pour moi : un trajet qui me paraitra terriblement long à la longue et en particulier en hiver (plus de 3 heures aller-retour) ; du côté de l’entreprise, j’imagine que l’on va me préférer un candidat masculin, joueur de poker averti déjà bien introduit dans le milieu : difficile pour une femme non initiée aux « jeux d’argent » de s’imposer dans ce domaine si particulier.

Tout compte fait, ai-je vraiment le goût de gérer la promotion de jeux de poker en ligne… ? Je me pose la question… mais pas bien longtemps car moins d’une semaine plus tard, je reçois un courriel de la RH qui m’apprend sans surprise que ma candidature n’a pas été retenue pour le poste.

Retour à la case départ donc… Retour à mes CV que je dois travailler et à Linkedin que je dois apprendre à mieux utiliser pour me créer un réseau.

Je réalise aussi que j’ai besoin d’une structure, d’un accompagnement et d’un rythme de travail plus régulier pour être réellement efficace. Et puis les techniques de recherche d’emploi varient d’un pays à l’autre : je pense sincèrement être une experte en France, mais ici… c’est différent : il y a des « trucs » à connaître, des gaffes à ne pas commettre, des codes à respecter, etc.

Je contacte donc un organisme d’aide à la recherche d’emploi (Centre de Recherche d’Emploi de l’Est – CREE) qui me propose dans un premier temps un suivi personnalisé en individuel. Je commence quelques séances avec une conseillère qui m’aide à synthétiser mon CV, puis on m’appelle pour me proposer de participer à des ateliers collectifs. J’accepte, cela ne peut que m’être bénéfique.

De 9h00 à 15h00 pendant près d’un mois, j’entame une réflexion approfondie sur ma carrière et mon métier avec un groupe de nouveaux arrivants d’Algérie, du Maroc et de Colombie. Jean-François, notre conseiller dynamique et rompu aux pratiques interculturelles, anime le groupe et nous fournit les outils, les conseils et le soutien moral qui font défaut lorsque l’on se cantonne à mener tout seul ses recherches depuis chez soi.

J’établis mon profil professionnel « R.I.A.S.E.C »[1] à l’aide d’un questionnaire que nous remet notre conseiller (je suis artiste-sociale-investigatrice, mais je crois que le savais déjà ;-)) Nous faisons également des simulations d’entretiens filmés qui s’avèrent très formatrices. Cela nous permet de nous améliorer, sous le regard bienveillant de notre conseiller qui pratique toujours la critique constructive et sait valoriser nos points forts.

On nous pousse aussi à passer à l’action en contactant directement par téléphone des professionnels identifiés et ciblés susceptibles de nous recommander aux Ressources Humaines lorsqu’un poste adapté à notre profil sera à pourvoir dans sa compagnie. C’est cela l’objectif du réseautage : se positionner en amont sur des postes où on pensera à nous parce qu’on nous connaît déjà, ce qui évite au recruteur de passer par un processus de recrutement long et coûteux, et à nous d’être confronté à la concurrence !

Important pour moi par ailleurs : je réalise que depuis mon arrivée au Québec, je fonctionne beaucoup plus au « ressenti » qu’en France et je me sens plus libre de me questionner sur le genre de travail qui me conviendrait et me plairait d’exercer. En France en revanche, je cherchais simplement à gagner ma vie…

J’ai la sensation qu’ici tout est possible à condition d’être passionné, efficace dans son domaine et de travailler dur pour réussir. De plus, par chance, les métiers que je peux exercer ne sont pas régis par un ordre professionnel, je suis polyvalente et j’ai déjà souvent tout recommencé de zéro, ce qui peut aujourd’hui être un atout et faciliter mon insertion sur le marché du travail.

Aujourd’hui je viens d’accepter un stage en communication de quatre semaines non rémunéré via le programme « Interconnexion » de la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain. J’espère que cette expérience sera bénéfique pour la suite de mes recherches ; si elle n’aboutit pas à la signature d’un contrat, elle me permettra au moins de mentionner sur mon CV la fameuse première expérience québécoise (celle destinée à rassurer les recruteurs).

FTM


[1] Profil RIASEC : Le profil de chacun est basé sur la typologie professionnelle RIASEC, aussi appelée la typologie de Holland (nom du chercheur fondateur). Le code RIASEC distingue six différents types de personnalité : (R) réaliste, (I) investigateur, (A) artistique, (S) social, (E) entreprenant et (C) conventionnel. Selon Holland – et de nombreuses recherches l’ont confirmé – le choix d’un métier ou d’une profession est une forme d’expression de la personnalité d’un individu. L’appartenance à l’un ou l’autre des six types serait déterminée par nos habiletés, par certains traits de personnalité et par nos intérêts. Chaque profession est donc une combinaison de plusieurs types.

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MÉMO DU NOUVEL ARRIVANT

1 – Accueil à l’arrivée à l’aéroport

À son arrivée à l’aéroport, après son admission par l’Agence des services frontaliers du Canada, le nouvel arrivant (résident permanent) doit s’adresser au service d’accueil à l’aéroport du Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC).

Un préposé du service d’accueil du ministère remet alors au nouvel arrivant une liste de coordonnées utiles, le guide « Apprendre le Québec » ainsi qu’un dépliant sur les valeurs de la société québécoise et l’informe des démarches à effectuer pour obtenir ses cartes d’assurance maladie et d’assurance sociale. Il inscrit ensuite le résident permanent à une entrevue d’accueil et d’aide à l’établissement ou à une séance d’information sur les premières démarches d’installation dans un des centres d’accueil proche de son futur domicile.

2 – Réunion d’accueil du MICC

La réunion d’accueil a lieu dans les jours qui suivent l’arrivée à Montréal. Elle dure une demi-journée, est très générale et reprend les éléments du petit guide « Apprendre le Québec ». À l’issue de la réunion, on propose au nouvel arrivant de s’inscrire à la formation de cinq jours « Objectif intégration emploi ».

3 – Formation « Objectif Intégration Emploi » du MICC

 La formation dure 5 jours à temps plein et a pour mission de :

.  Se familiariser avec les caractéristiques du monde du travail québécois,
. Mieux comprendre les orientations culturelles et les valeurs communes de la société québécoise,
. Comprendre les liens entre les orientations culturelles, les valeurs et le milieu de travail,
. Connaître et savoir utiliser différents outils, moyens et ressources pour favoriser son intégration en emploi.

En fin de session, il est proposé aux résidents permanents de s’inscrire auprès d’un organisme pour participer à des ateliers de recherche d’emploi individuels ou collectifs.

4 – Accompagnement à la recherche d’emploi

 Plusieurs organismes financés par le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles du Québec proposent aux immigrants des ateliers de recherche d’emploi d’une durée de trois semaines visant à développer l’autonomie des participants à se trouver un emploi. L’atelier peut être suivi d’un accompagnement individuel sur une période de quelques mois.